Live Report, Zénith Arena - Lille, 14 novembre 2014: Un groupe en osmose avec son public
- coralieslota
- 17 nov. 2014
- 7 min de lecture
Le public lillois en effervescence!
Alors ce concert au Zénith de Lille ... MO-NU-MEN-TAL!!!! Entre la Cigale du 5 juin et celui-ci, je ne savais pas dire, à chaud, quel était le meilleur mais maintenant je peux affirmer que c'est celui de Lille.
Tous les membres sont entrés sur scène et on voyait déjà qu'ils avaient une énergie incroyable. Surtout Bertrand. Ils paraissaient tous énervés. Ce jour-là se tenait juste à côté, au Grand Palais, le salon des vins des vignerons indépendants. Un lien peut-être? Certains auraient vu transiter des cartons de vin vers le Zénith!! Enfin, il n’y a pas de mal à se faire plaisir !
Le concert commence, ça ne bouge pas plus que ça mais c'est habituel. Le public est attentif sur "Ma Muse", "Horizon", "Ernestine", ... Mais déjà on sent que le groupe est très applaudi à chaque fin de titre. Sur "A Ton Etoile", le public chante déjà avec beaucoup de cœur. "Le Creux de Ta Main" chauffe déjà bien l'assemblée car déjà plus rock. Vient "Lazy" ... alors là, le public chante à l'unisson. La joie de Bertrand se lit sur son visage. Pascal, Niko, Guillaume et Bruno sont ravis eux aussi, ont le sourire jusqu'aux oreilles. Bruno, Pascal et Niko haranguent la foule. "Lazy" est déjà donc un grand moment de ce concert.
Place à "Gimme Danger". Bertrand se déchaîne, se jette sur le sol de la scène. Niko est toujours aussi bon sur ce titre. Guillaume met toute sa puissance pour faire résonner ses cymbales. Il y a le feu sur scène et il va se propager dans le public. Je vois les vigiles s'agiter, je me retourne, les pogos ont déjà commencé!!! A ma connaissance, du jamais vu! Vous devinez bien que la barrière était déjà utile à cet instant pour se tenir. C’est à bout de souffle que Bertrand termine cette reprise, obligé de s’asseoir quelques instants sur le socle de la batterie pour reprendre ses esprits.

Bertrand Cantat demandant l'appui du public pendant "Gimme Danger"
S’en suit "Le Fleuve" avec cette atmosphère toujours aussi particulière, cette lourdeur créée par Guillaume à la batterie. Bertrand se donne toujours autant à fond dans son jeu de scène, vit véritablement chaque mot et chaque note. Et que dire de l'importance de Pascal à la contrebasse sur cette reprise? Depuis le début de la tournée, je la trouve meilleure que l'originale. J'espère qu'elle sera présente sur la setlist jusqu'à la fin de la tournée. C'est plutôt bien parti … Soulignons l'incroyable jeu de lumières, œuvre de Bruno Corsini.

Guillaume Perron, batteur de Détroit
Un peu de légèreté maintenant avec "Lolita Nie En Bloc". Comme lors de la dernière date à l'Olympia, Bertrand commence le titre seul, a capella, dans le but de solliciter le public à la fin de la première strophe, ce qui fonctionne à merveille.
Avant de poursuite le concert, il prend la parole: "sachez qu'on prend notre pied, au cas où ça ne se verrez pas!" Il aurait fallu être aveugle pour ne pas le voir!!
Un des moments d'émotion arrive maintenant: "Ange de Désolation." Comme sur toutes les dates, le public écoute et se tait. Le jeu si caractéristique de Bruno à la guitare est impressionnant. Ce son résonne comme un cri de douleur. J'en profite pour saluer son travail sur l'album "Horizons". Il a su apporter sa touche personnelle et c'est plutôt réussi.
Ultime chanson avant le premier rappel, "Null & Void", puis tous quittent la scène. Quand on connaît la setlist sur le bout des doigts et que l'on sait que le groupe va se retirer de la scène à la fin de ce titre, on se dit immédiatement que ce concert est encore en train de se dérouler à grande vitesse.
Tibru et Laurent, les roadies, profitent de l'instant pour préparer la scène avant que les artistes ne reviennent, pendant que le public applaudit inlassablement.

Bruno Green et Pascal Humbert lors de "Null & Void"
Bertrand et Pascal reviennent pour "Droit dans le Soleil". Comme ça lui arrive parfois, Bertrand a dû mal à enchaîner la dernière strophe. Pascal, comme à son habitude, très attentif, l'attend patiemment avant de faire crisser les cordes de sa contrebasse sur "assiégé par le chant des sirènes". Frissons garantis à chaque fois. Grande accolade entre les 2 protagonistes à la fin de la chanson. Puis place au moment le plus marquant de la soirée: le public se lance dans une remarquable ovation qui va durer plusieurs minutes laissant Bertrand incapable de réagir, tête baissée, les larmes aux yeux. Regarder le public à cet instant l'aurait sans doute fait craquer. La foule enchaîne en scandant son prénom. Tout le groupe, de retour sur scène, assiste à ce magnifique moment. Grande séquence émotion puis Bertrand se ressaisit, lance de nombreux remerciements puis fait signe d'un geste de la main qu'il n'est pas seul sur scène. Oui, ce succès, il le doit à lui-même mais aussi à ses acolytes qui lui ont redonné confiance et qui l'ont porté sur toutes les petites et grandes scènes de France, de Belgique et de Suisse. Nous ne les remercierons jamais assez, eux, ainsi que d'autres artistes comme, Romain Humeau, Amadou & Mariam, Brigitte Fontaine, les Shaka Ponk, …, qui lui ont permis de remettre le pied à l'étrier, de le convaincre de nouveau que sa vie, c'était la création musicale et la scène. Pari réussi!
L'ovation du public après "Droit dans le Soleil" © Alexandre Séguret
Revenons au concert. Afin de stopper l'engouement du public, Bertrand se met à jouer les premières notes de "Glimmer In Your Eyes". Nous sommes à l'écoute. Il m'impressionne toujours autant à monter dans les aigus vers la fin de la chanson. Quelle capacité vocale! La foule applaudit chaleureusement juste après que les dernières notes aient retenties.
Puis nous voilà partis pour une version inédite de "Sa Majesté" en compagnie des 3 membres de George Sound, le groupe que nous avons pu écouter en première partie. Comme à son habitude, Bertrand fait preuve d'un incroyable jeu de scène, je dirai presque d'un incroyable jeu d'acteur. Il défie Niko et Laurent, bassiste de George Sound. Le batteur de cette formation met une énergie remarquable et le phrasé de George Damien, le chanteur, est impressionnant. Vous l'aurez compris, cette version est une réussite et je trouve que Détroit a eu une bonne idée de mettre à l'honneur ce groupe pendant leur concert.
Vient maintenant l'enchaînement tant attendu qui va mettre le public en transe: "Un Jour en France", "Fin de Siècle", "Tostaky". Les paroles d' "Un Jour en France" sont scandées avec énergie par toute la salle. Comme à son habitude, le groupe continue dans la foulée avec "Fin de Siècle". Ça bouge dans l'assemblée. Au premier rang, on se retrouve propulsé contre la barrière. On se fait balader de gauche à droite, on en perdrait nos affaires … C'est aussi la folie sur scène, vous vous en doutez! Bertrand et Pascal sont debout sur les retours. Niko aussi quand il ne s'amuse pas à sautiller sur place en défiant Laurent, le roadie. Bruno prend un grand plaisir, chauffe la salle qui est déjà en effervescence. Le service de sécurité a beaucoup de travail avec les pogos qui s'enchaînent. La température monte!! Puis Niko s'empresse d'enchaîner avec le célèbre riff de guitare de "Tostaky". Là, le séisme que l'on attendait arrive brutalement! Qui n'a pas rêvé pendant des années de vivre ou revivre cela? Qui? Alors tout le monde se lâche, ceux qui voient Détroit pour la première fois mais aussi les habitués car nous ne pouvons pas nous en lasser. Je crois qu'il s'agit du "Tostaky" le plus mouvementé que j'ai vécu. Celui du 13 octobre à l'Olympia, ce n'était rien à côté bien que le public parisien y ait mis du cœur comme à son habitude. Nous finissons vidés et les 5 membres de Détroit aussi. Une pause serait la bienvenue. Justement, c'est l'heure du deuxième rappel. Mais avant de quitter la scène, Pascal vient jusqu'à la barrière pour remettre son médiator au courageux petit bonhomme d'à peine plus de 10 ans qui était à côté de moi. Enfin, apparemment, il n'en était pas à son premier concert rock: Iron Maiden, Shaka Ponk, Skip The Use, … bonne culture musicale transmise par son papa.
Après quelques minutes passées en coulisses, Guillaume, Niko, Bruno, Pascal et Bertrand remontent sur scène avec un enthousiasme remarquable. Bertrand est d'humeur taquine et annonce qu'ils vont jouer une chanson qui est beaucoup passée à la radio. "Ben oui, il y a parfois des choses bien qui passent à la radio!", s'amuse-t-il de dire. Ceux pour qui ce n'est pas le premier concert savent déjà qu'il parle du "Vent Nous Portera". C'est en toute décontraction, accompagnés du public, qu'ils jouent ce titre. Comme bien souvent, Bertrand se moque gentiment de Bruno! Le public est, quant à lui, enchanté de voir cette cohésion qui unit le groupe.

Bertrand Cantat, Pascal Humbert et Niko Boyer pendant "Le Vent Nous Portera"
Il est déjà l'heure d'entonner ce que nous croyons être le dernier titre et Bertrand demande le soutien de l'assemblée: "plus que jamais, nous avons besoin de vous!" Seul, il joue les premières notes de guitare en chantant: "A se changer en roi, à hurler à la lune, …" Vous l'aurez compris, il s'agit de "Comme Elle Vient". Une nouvelle fois, le public se déchaîne, c'est reparti pour les bousculades et les pogos. Nous hurlons ces paroles que nous connaissons sur le bout des doigts. Voilà, il est déjà l'heure pour nous d'ovationner les 5 protagonistes présents sur scène et pour eux de nous remercier chaleureusement. Nous nous applaudissons mutuellement, Bertrand, Pascal, Niko, Bruno et Guillaume arpentent la scène de long en large pour nous remercier jusqu'à monter sur les grandes enceintes de basses situées à gauche de la scène. Celles-ci étant disposées sur des chariots à roulettes, Éric, le garde du corps de Bertrand, s'empresse d'aller maintenir le tout pour éviter une catastrophe! Après quelques instants, tous, sauf Bertrand, regagnent la scène. Ce dernier, joueur, prenant le temps de mimer de se suspendre aux câbles descendants de la rampe des lumières avant de rejoindre ses compères. Les voilà maintenant réunis au centre de la scène pour nous saluer et bien évidemment, le public commence à reprendre le refrain de "Comme Elle Vient". Le groupe l'accompagne quelques minutes avant que Guillaume ne sollicite la foule en criant "Hey! Hey! Hey!" tout en brandissant rageusement le poing. Le public ne se fera pas prier pour l'accompagner. Une nouvelle fois dans ce concert, l'ovation fut mémorable! Les 5 membres de Détroit échangent alors quelques mots puis sortent rapidement de scène. Concert terminé? Oui? Non? Je les aperçois dans la pénombre et remarque que Tibru, un des roadies, se tient prêt avec la célèbre Gibson rouge de Bertrand en mains. Ça sent bon pour un troisième rappel et en effet, c'est ce qui se produit.
L'ovation du public après "Comme Elle Vient" © Rémi Baccout
Tous reviennent pour interpréter une reprise de Neil Young: "Hey Hey, My My". Grand moment de plaisir sur scène et dans le public. Cette fois, c'est bel et bien fini. Le groupe et la foule quittent le Zénith vidés mais heureux d'avoir vécu cette communion exceptionnelle, rarissime … Le public lillois n'aura pas failli à sa réputation et aura même détrôné les bruxellois pour une fois!
Cor Aly

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